Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 23:29

François Hollande est le nouveau Président de la République. Dans un esprit républicain, je lui souhaite bonne chance.       

Cependant le parti socialiste doit se garder de tout triomphalisme tant les Français ont voté davantage par rejet de Nicolas Sarkozy que par adhésion au projet de François Hollande. 

 

Cette élection à la Pyrrhus arrive au terme d’une campagne qui aura esquivé tous les sujets de fond et n’aura rien purgé du mécontentement légitime des Français à l’égard de leur classe politique. 

 

Faute d’une réorientation complète de la politique économique et monétaire européenne et mondialiste, le changement promis par François Hollande ne changera rien.  

 

Pire, la politique annoncée par le parti socialiste et ses alliés communistes et verts, risque de plonger le pays dans l’abîme au bord duquel l’a placé le Président sortant.      

 

Ce soir tous ceux qui, à droite, ont soutenu Nicolas Sarkozy envers et contre toute logique ces dernières années sont totalement discrédités pour l’avenir. Ils portent une très grave responsabilité d’autant que le Sénat, à la différence de 1981, est passé à gauche.  

 

Le temps est venu de tirer les leçons de ces fausses alternances à répétition en proposant aux Français une vraie recomposition politique.       

 

Et cette recomposition doit commencer à droite dès maintenant.  

 

Les Français ont 3 chemins:  

- continuer avec l'UMP, un parti qui a installé un socialiste à l'Elysée  

- s'engager dans une voie stérile et sans issue avec le Front national  

- choisir un nouveau cap pour un projet gaulliste, républicain et patriotique.  

 

Ce dernier choix, je l'ai incarné pendant la campagne présidentielle, et la confiance que plus de 650 000 électeurs m'ont accordée, m'engage à poursuivre sur ce chemin.    

 

Ce soir j’invite donc tous les Français sans illusion sur François Hollande à soutenir le projet patriotique et républicain que porteront les 450 candidats de Debout la République aux élections législatives.

 

Nicolas Dupont Aignan        

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Dupont Aignan
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 13:13

par Jean-Pierre Chevènement

 

1) Le Conseil européen des 1er et 2 mars va se pencher sur la récession qui, selon la Commission, frappera la zone euro en 2012. La zone euro est la seule zone du monde qui verra diminuer son PIB de 0,3%, alors que, partout ailleurs, il augmente : pays émergents de l’Asie, 7,3%, Chine : 8,2%, Amérique latine : 3,8%, Russie : 3,3% et même aux Etats-Unis : 1,8% alors que leur dette, leur déficit public et leur balance extérieure sont beaucoup plus dégradés que ceux de la zone euro.

 

2) Il n’y a pas besoin de chercher bien loin l’origine d’un tel état de fait ; c’est la logique de l’euro elle-même. La monnaie unique comporte un vice congénital : elle juxtapose, en effet, dix sept économies hétérogènes à l’ombre d’une Banque centrale européenne copiée sur le modèle de la Bundesbank allemande. La priorité donnée à la seule lutte contre l’inflation enferme la zone euro dans une croissance lente et un chômage de masse : environ 10% de la population active. La surévaluation de l’euro, depuis son lancement, en 1999, a creusé avec les Etats-Unis et la Chine dont la monnaie est arrimée au dollar, un écart de compétitivité de 30%. Au sein même de la zone euro, la politique salariale déflationniste mise en œuvre par l’Allemagne, depuis le début des années 2000, a accru l’écart de quinze points entre ce pays et le reste de la zone euro, écart auquel a contribué aussi la polarisation naturelle qui s’effectue au sein de toute zone monétaire entre la partie riche, industrialisée et excédentaire, et la partie la plus pauvre, dominée par une économie de services et déficitaire.

 

3) L’endettement d’Etats de moins en moins solvables devrait aboutir à la crise des dettes souveraines. Le cas de la Grèce n’est qu’un cas extrême, car la crise est générale : le Portugal ne peut plus emprunter qu’à 11 % l’an, l’Espagne et l’Italie à 5,5 %. Cette situation n’est pas tenable dans la durée.

 

4) Le MES n’est pas un pare-feu suffisant. A supposer qu’il réussisse à lever 500 milliards d’euros sur les marchés financiers, comment ferait-il face à un possible défaut de l’Italie, dont la croissance, en 2012, sera négative (-1,8 %), alors que sa dette publique atteint 1900 milliards d’euros dont près de 300 devront être levés cette année? M. Cohn-Bendit veut faire croire que ces cinq cents milliards pourraient servir d’amorce à la solidarité des peuples européens. Au mieux, ils ne serviront qu’à renflouer les banques. M. Draghi, le Président de la BCE, peut bien mettre le malade sous morphine en ensevelissant non pas les Etats mais les banques sous des montagnes de liquidités, les vices structurels de la monnaie unique n’en seront pas corrigés pour autant, tandis que les effets pervers de ce traitement sous morphine ne manqueront pas d’apparaître. Mal pensée, dès le départ, la monnaie unique se révèle être un tonneau des Danaïdes où s’engloutira toujours davantage l’argent des contribuables.

 

5) On a voulu faire l’Europe en dehors des nations. Leur souveraineté monétaire a été aliénée à un aréopage de banquiers centraux qui n’ont de comptes à rendre à aucune instance procédant du suffrage universel. Des instances purement technocratiques – Commission européenne, Banque Centrale, Cour de Justice de l’Union européenne – aucune ne procédant de l’élection – se sont arrogées des pouvoirs exorbitants.

 

L’aliénation de la souveraineté monétaire par le traité de Maastricht devait inévitablement aboutir à l’aliénation de la souveraineté budgétaire. Nous assistons à la naissance d’une Europe post démocratique où le vote du budget sera soustrait au vote des Parlements, dont c’était depuis des siècles la raison d’être. Ainsi se vérifie la formule lancée au moment de la ratification en 1992 du traité de Maastricht par Philippe Seguin : « 1992 c’est l’anti 1789 ! ».

 

6) Certains nous parlent mielleusement de « grand saut fédéral » : trêve d’hypocrisie ! Le système dans lequel on nous propose d’entrer encore plus profondément est purement coercitif. Il ne comporte aucun élément de redistribution ou d’aménagement du territoire. L’Europe fédérale était sûrement le grand dessein ourdi depuis plus d’un demi-siècle par Jean Monnet et ses épigones. Mais le résultat, à l’arrivée, ne ressemble en rien aux promesses dont nous avons été rassasiés et que j’avais réunies dans un petit livre, publié en 1997, intitulé « Le bêtisier de Maastricht ». Le florilège des mirages entretenus depuis vingt ans - prospérité, plein emploi, surclassement du dollar, avènement d’une Europe-puissance - montre à l’évidence que ceux qui ont conçu la monnaie unique n’en ont pas vu les conséquences et ne signeraient sans doute plus aujourd’hui le traité de Maastricht.

 

 

I – Le processus de dessaisissement des parlements nationaux s’est mis en marche aussitôt la crise de l’euro déclarée

 

1) En septembre 2011, le Conseil européen, au prétexte de coordination budgétaire, a instauré un « semestre européen » dont la mise en œuvre a commencé au début de 2011. Sur la base d’un examen de croissance effectué par la Commission, le Conseil européen adresse des orientations aux Etats-membres. Ceux-ci doivent élaborer des stratégies budgétaires à moyen terme. C’est ce que nous avons commencé à faire en France en votant des projets de loi de finances triennaux. La Commission européenne est désormais saisie dès le mois d’avril des projets de loi de finances annuels que le Parlement vote autour du 20 décembre. Les Etats soumis à la procédure du déficit excessif sont tenus d’élaborer des programmes de stabilité et de convergence et des programmes nationaux de réforme d’inspiration libérale visant la stabilité financière, la compétitivité ou l’assouplissement du marché du travail, etc.

 

2) Le Parlement européen a inclus, le 28 septembre 2011, le « semestre européen » dans un paquet « gouvernance économique », encore nommé « Six pack », car incluant cinq règlement et une directive de la Commission, à quoi deux textes dits « Two Pack » se sont rajoutés à la fin de l’automne 2011. Il s’est ainsi mis en place de Bruxelles un système de surveillance précoce, de normes, bref de contrôle et de supervision, visant à mettre sous tutelle les budgets des pays membres et les orientations de leur politique économique. Un appareil de procédure doucereux en apparence, en fait déjà très contraignant, est ainsi apparu quand dans une lettre de la Commission européenne de l’automne 2011, le gouvernement italien de M. Berlusconi s’est vu imposer par M. Olli-Rehn, Commissaire aux affaires économiques, trente-cinq conditions.

 

Trente-cinq conditions, c’est plus que vingt-et-une. Le publiciste allemand, Hans Magnus Enzensberger, a évoqué « le monstre doux de Bruxelles ». Le monstre n’est pas si doux que cela : quelques jours après le gouvernement de M. Berlusconi devait céder la place à celui de M. Monti, ancien Commissaire européen dont le libéralisme militant recueille la confiance des institutions de Bruxelles.

 

3) Ainsi, après la souveraineté monétaire, les Etats se trouvent-ils peu à peu dépossédés de leur souveraineté budgétaire. Leur mise en tutelle vise à réduire leur sphère d’intervention « Semestre européen », « six pack », « two pack », « pacte européen pour l’euro plus », derrière le cliquetis des mots, on perçoit comme un bruit de chaines.

 

4) Mais ce n’est pas encore assez :

 

a) L’Allemagne, en 2010, avait inscrit dans sa Constitution ce qu’elle appelle un « frein à l’endettement » qui va bien au-delà des engagements du pacte de stabilité. Le déficit budgétaire, sauf circonstances exceptionnelles, ne pourra plus désormais dépasser, en 2016, 0,35 % du PIB.

b) Obsédé par le modèle allemand, mais aussi et d’abord par sa réélection, M. Sarkozy a voulu faire adopter, en juin/juillet 2011, un projet de loi constitutionnel tendant à instaurer une prétendue « règle d’or », en fait règle d’airain. Une loi organique devrait désormais préciser le contenu de « lois-cadres d’équilibre des finances publiques », s’imposant aussi bien aux lois de finances qu’aux lois de financement de la Sécurité Sociale. Une telle disposition porterait un coup mortel aux prérogatives du Parlement, au droit d’initiative parlementaire, au droit d’amendement, au rôle des Commissions.

c) Faute d’une majorité des trois cinquièmes au Congrès du Parlement, le Président de la République imagine donc, de concert avec Mme Merkel, d’européaniser sa prétendue « règle d’or » en réalité grosse ficelle : c’est ce qu’on appelle le traité de stabilité, de coopération et de gouvernance dit TSCG qui devrait être signé en marge du Conseil européen des 1er et 2 mars prochains.

 

 

II – Le TSCG ou l’européanisation de la règle d’or

 

1) Ce TSCG était-il vraiment utile ? Au candidat Sarkozy peut-être, encore que je n’en suis pas sûr. Beaucoup ont fait observer que le traité ne fait que reprendre et amplifier la logique déjà mise en œuvre par le « semestre européen ». En réalité, le TSCG flatte dans le mauvais sens la psychorigidité des dirigeants allemands. Un seul bon point mérite de lui être accordé : la réunion périodique de sommets des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro sous une présidence spécifique à ladite zone.

 

2) Pour l’essentiel, c’est un traité essentiellement disciplinaire qui va encore au-delà de la prétendue « règle d’or » inscrite à l’article 3.

 

a) Le traité demande non seulement l’inscription dans un texte « de préférence constitutionnel » d’une limitation à 0,5 % du PIB du déficit public structurel. Il comporte aussi une clause de désendettement à vingt ans pour ramener à 60 % du PIB la dette des Etats qui dépassent ce chiffre : ainsi en va-t-il de la France 90 %, et plus encore de l’Italie 120 % du PIB. A la suppression du déficit, soit quatre points du PIB, il faudrait ajouter 1,5 point supplémentaire, soit 110 milliards d’euros.

b) En cas de déficit excessif, le traité donnerait à la Commission et au Conseil européens le droit d’intervenir directement dans la procédure parlementaire en imposant un soi-disant « partenariat budgétaire et économique » ainsi qu’un « programme de réformes structurelles », d’essence libérale.

c) Des sanctions quasi automatiques s’imposeraient sous l’égide de la Cour de Justice de l’Union européenne en cas de non respect de la trajectoire fixée, sauf décision du Conseil européen prise selon une règle de majorité inversée excluant de surcroît le pays déviant. Les amendes frappant les pays en difficulté pourraient atteindre 0,1 % du PIB, ainsi pour la France 2 milliards d’euros.

d) L’intrusion des institutions européennes - Commission, Conseil, Cour de Justice – est clairement officialisée par le projet de traité. Les Etats nationaux deviendraient de grandes collectivités locales et encore : celles-ci doivent voter en équilibre leur budget de fonctionnement, mais elles peuvent encore s’endetter pour investir. Ce ne sera plus le cas des Etats nationaux. Ceux-ci verront leurs prérogatives réduites à la mesure des moyens budgétaires qui leur seront laissés, après « analyse de leurs dépenses », au terme de l’article 3. Cette disposition menace évidemment notre budget de la Défense et particulièrement notre force de dissuasion, dont la légitimité est paradoxalement contestée par plusieurs de nos voisins, à commencer par le plus puissant d’entre eux. Ce projet de traité aliénant à l’évidence la souveraineté de la France devrait être soumis à référendum. Il me semble que telle est la position qui a été exprimée par le Premier ministre, même si le Président de la République y rechigne. Je demande que celui-ci qui déclare recourir plus souvent au référendum, s’engage clairement à en organiser un sur le projet de traité européen.

e) Enfin, le contrôle démocratique des Parlements nationaux est curieusement dissous, s’agissant d’un traité intergouvernemental, dans une vague « Conférence interparlementaire » associant les Commission des finances de l’Assemblée Nationale et du Sénat et celle du parlement européen, dans un exercice de simple information.

 

Mme Merkel a dicté ses règles à M. Sarkozy afin d’obtenir la caution de la France à sa politique européenne à courte vue. M. Sarkozy lui a fait ce cadeau à des fins purement électorales. Au principe de souveraineté, et donc d’égalité des Etats, est substitué un principe d’inégalité et donc une hiérarchie entre les Etats selon les moyens dont ils disposeront.

 

Ce projet de traité sacrifie à la fois les intérêts de la France, ceux bien compris de l’Europe et le bon sens lui-même.

 

3) Ce projet est proprement suicidaire. Prétendre vouloir réduire de cinq points et demi, soit 110 milliards d’euros, le déficit des administrations publiques d’ici 2016, c’est condamner le pays à une récession à perpétuité, d’autant plus profonde que le même traitement s’appliquerait simultanément à tous les pays de la zone euro. Un spectre hante désormais l’Europe : c’est le spectre d’une récession prolongée. Les thérapies que prévoit le projet de traité ne peuvent qu’aggraver l’état du malade. La réduction brutale et simultanée des dépenses publiques, au prétexte d’assurer le remboursement des dettes, rendra celui-ci plus difficile encore comme on le voit en Grèce, pays désormais mis en tutelle et pour longtemps, au mépris des idéaux de démocratie et de responsabilité, sur lesquels on prétendait fonder l’Europe.

 

 

III – Un projet de traité qu’il faudra réviser

 

Ce projet de traité sera peut-être signé le 1er ou le 2 mars prochain. Mais ce projet n’est pas encore ratifié.

 

1) Il devra être profondément révisé et d’abord dans son objectif fixé à l’article 3 : il faut rendre aux Etats la possibilité de s’endetter pour investir.

 

2) S’agissant d’un traité intergouvernemental, les prérogatives des Parlements nationaux, en dernier ressort, devront être affirmées clairement et non pas noyées dans une pseudo concertation au niveau des Commissions des Finances avec celle du Parlement européen. Une compétence, même déléguée, doit rester contrôlée démocratiquement.

 

3) Enfin, un tel projet de traité est inconcevable et serait inacceptable s’il ne dotait pas la zone euro de puissants moteurs de croissance. Il faut organiser en Europe non pas la récession mais la croissance.

 

a) Cela est possible si la Banque Centrale voit élargir ses missions, si l’euro aujourd’hui surévalué est ramené à une quasi parité avec le dollar et en tout cas à un cours proche de celui qu’il avait au moment de son lancement.

b) Il est temps de lancer un grand plan européen d’investissement en matière d’équipements structurants, de recherche, d’innovation, de transition énergétique, plan qui devrait être financé par un emprunt européen. Pour cela, peut-être plus que pour mutualiser les dettes, l’Allemagne se laisserait-elle convaincre de lancer des eurobonds.

c) Enfin, une politique de relance salariale pourrait-elle être lancée par les pays dont la compétitivité le permet.

 

4) Quelle est aujourd’hui la logique de Mme Merkel ?

L’intérêt de l’Allemagne est-il de réduire le Sud de l’Europe à une sorte de Mezzogiorno démesurément élargi ? La France n’aurait-elle plus de vocation que dans le tourisme et l’agriculture ? Le naufrage de la zone euro se retournerait contre l’Allemagne, comme l’a très bien vu l’ancien Chancelier Helmut Schmidt dont Mme Merkel ferait bien d’écouter les sages conseils.

 

5) Qu’aurait dû faire M. Sarkozy et que devra faire le prochain Président de la République française ?

Plutôt que d’obtempérer, sans le dire, à la doxa économique à courte vue de nos amis allemands, il eût fallu réunir une grande conférence de presse à la De Gaulle et dire clairement : « l’Europe est, depuis le début, l’œuvre commune de l’Allemagne et de la France qui au lendemain de la deuxième guerre mondiale, a tendu la main à cette dernière, pour ne pas renouveler les erreurs commises au lendemain de la première. » L’action commune de la France et de l’Allemagne au service de l’Europe implique l’égalité des deux partenaires, comme cela avait été convenu dès 1950, entre Konrad Adenauer et Jean Monnet.

Aujourd’hui l’Allemagne a retrouvé son unité grâce à la solidarité de ses alliés. Elle a aussi retrouvé sa puissance qui est d’abord celle de son industrie et, bien sûr, l’expression de la valeur de son peuple.

 

Elle a le choix entre deux politiques :

 

- Celle du cavalier seul, au prétexte de jouer dans la Cour des Grands : Russie – Chine – Inde – Brésil et bien sûr Etats-Unis. Cette politique prolongerait celle suivie depuis le lancement de l’euro et inscrite dans le projet de traité. Elle creuserait les différences et les inégalités en Europe.

- Ou bien, et c’est ce que la France lui propose, l’Allemagne choisit d’être « l’Allemagne européenne » dont rêvait Thomas Mann. Mais alors elle accepte de faire reposer le projet européen sur un compromis dynamique entre toutes les nations européennes. Il faut alors renverser la perspective et mettre la monnaie au service des peuples (et non l’inverse). La création monétaire n’est pas l’affaire des banques. Elle est d’abord celle des peuples.

 

La première politique, celle du « cavalier seul », est pour l’Allemagne une voie sans issue. Elle débouchera inévitablement sur l’éclatement de la monnaie unique.

 

Il y a en effet trois scénarios possibles :

- soit la recherche d’un ajustement dans une politique de dépression économique ;

- soit une modification de l’architecture de la zone euro et particulièrement du rôle de la Banque Centrale ;

- soir l’éclatement qu’on peut chercher à maîtriser en substituant à l’euro monnaie unique, un euro monnaie commune à des devises nationales inconvertibles sauf en euros et organisées dans un SME bis selon des parités fixes mais périodiquement renégociables. L’ajustement par la monnaie se substituerait à l’ajustement douloureux par les revenus.

 

Il est temps pour la France de retrouver sa voix en Europe. La France doit parler le langage de la franchise qui va avec l’amitié.

 

Seule la seconde voie, celle d’une « Allemagne européenne » dans une « Europe européenne », pour reprendre l’expression du général de Gaulle, peut répondre aux intérêts vitaux de tous ses peuples et à leur souci d’égale dignité. Elle seule peut assurer un avenir prospère et pacifique à tous, y compris à l’Allemagne elle-même. Voila ce que la France pense et elle est prête évidemment à en parler à l’Allemagne, tout le temps qu’il faudra, en y associant bien sûr les autres peuples qui y trouveront aussi leur compte. Voila ce que devrait être le langage de la France.

 

Ou bien l’Allemagne accepte de changer les règles de la monnaie unique ou bien ultime possibilité, elle s’accorde avec les autres pays pour en changer la nature. Le moment de signer le projet de traité, à la veille d’échéances électorales importantes est une atteinte de plus à la souveraineté des peuples. Ce choix a été fait par Nicolas Sarkozy. Mais le peuple français a encore les moyens de rebattre les cartes !

 

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Chevènement
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 12:10


par Simon Archipenko, Président de Voltaire République,
Ecrivain essayiste


Jean-Pierre Chevènement que j’ai soutenu dans sa candidature à la présidence de la République 2012, vient de la retirer. Il est depuis plus de quarante ans, le héraut des républicains jacobins qui placent leur espoir dans une France universelle, celle de Bouvines et des Lumières, celle de Valmy, celle du Conseil National de la Résistance, celle selon Braudel, issue de la glaise du temps ; je rajoute celle des luttes sociales et des combats pour la Liberté.


La France se reconnaît une communauté de destin remise en cause par l’Europe de la mondialisation libérale. Cette Europe est supportée par les tenants de la pensée libérale-sociale et sociale-libérale, lesquels se retrouvent au Parlement européen pour se partager le pouvoir dans un consensus exécrable ; l’élection de son dernier président socialiste est le produit de ces mariages politiques consanguins où se retrouvent pour une raison ou pour une autre, selon les circonstances mais toujours contre le peuple, l'ump, le ps, le modem, et eelv.


Le fn quant à lui ne fait que jouer sur la désespérance et des peurs. En ce sens, il est inutile ; le ripolinage entrepris par celle qui a repris le bâton de maréchal de son père ne trompe personne. Il donne encore illusion aux plus désespérés qui ne sont pas tous des fascistes selon la doxa gauchiste et celle des germanopratins de l’anti-racisme.


La connivence socialo-libérale a notamment permis la forfaiture parlementaire du 4 février 2008 où l'on vit des élus de la Nation voter le traité de Lisbonne alors que les Français s'étaient massivement prononcés contre le projet de Traité constitutionnel lors du référendum du 29 mai 2005. François Hollande a voté oui avec la majorité libérale du parlement. Il s’est donc disqualifié lui-même pour représenter la République[1], comme s’est disqualifié celui que j’appelle depuis le 6 mai 2007, le président de l'arépublique, Nicolas Sarkozy. La République n’est pas un machin qu’on sort du grenier six mois avant l’élection suprême et qu’on remet dès le lendemain pour cinq ans.


Il n'y a pas non plus de sens à un appel à la gauche protestataire incarnée par Jean-Luc Mélenchon. La France n’est plus à l’incantation : « Il faut désobéir aux traités » - selon Jean-Luc Mélenchon -, mais à des actes de fermeté, « Il faut sortir l’euro », condition sine qua non du progrès social.


Je pense que la France doit se passer aujourd'hui du clivage factice gauche-droite. Celui-ci n'a de sens que lorsque les partis politiques ont un dessein pour le pays, le peuple et je rejoins dans cette pensée le général De Gaulle comme je le rejoins sur l'indépendance nationale, la planification et les nationalisations, outils indispensables à la politique économique de la France car, au rebours des libéraux pro reaganiens et neo thatcheriens, je crois que l’Etat est la solution et non le problème.


En 2002, des républicains de l'autre rive, des gaullistes avaient rejoint Jean-Pierre Chevènement dans la campagne de France contre le déclin. Sa renonciation à la candidature rend ainsi la liberté d’un choix autre au citoyen que je suis, militant, homme libre républicain. Il m'appartient en 2012, d'être logique avec la démarche que j'ai entreprise depuis 2002.


Aujourd'hui dans l'intérêt de la France, j'apporte mon soutien à Nicolas Dupont-Aignan.


J'invite solennellement ceux qui me suivent dans le même cheminement politique exigeant, à Voltaire République, dans mes publications et mes ouvrages littéraires, dans les actions dans la vie de la Cité, à le faire de nouveau en toute conscience, en toute liberté.

Il en va des idées comme des hommes: s'ils rompent avec une logique, ils rompent leur emprise sur leurs mandants.


Quant au temps nécessaire pour s'en accommoder, c'est une toute autre histoire.


1 - La république est un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l'intermédiaire de représentants élus. Par ses représentants, le peuple est la source de la loi.

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Chevènement
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 13:09

Jean-Pierre Chevènement vient de retirer sa candidature à la présidence de la République. C’est en serviteur de l’Etat républicain et des valeurs nationales qu’il s’est exprimé, avec beaucoup de précision et de dignité.

 

 

Face à la crise terrible que nous vivons, J.-P. Chevènement alerte sur quatre enjeux que Nicolas Dupont-Aignan portera à l'élection d'avril 2012 :

  • la survie du modèle républicain et l’indépendance nationale ;
  • le retour à une monnaie mieux adaptée pour sortir l’Europe de la récession ;
  • la préservation de la souveraineté budgétaire et fiscale de la France, alors que l’Allemagne et les fédéralistes, tout aussi nombreux au PS, à l’UMP et au centre, acceptent la mise sous tutelle des Nations et le protectorat des peuples ;
  • la nécessité d'une « Europe européenne », comme disait le Général de Gaulle, à savoir une Europe des Nations et des peuples souverains. Nous affirmons évidemment cette référence.

 

Les républicains des deux rives sont d’accord sur l’essentiel. Et l’essentiel est en jeu.

 

Ils doivent se réunir derrière la candidature d'un seul homme.

 

André Vianès

 

 

Réaction de Nicolas Dupont-Aignan au retrait de Jean-Pierre Chevènement

 

Le retrait de la candidature de Jean-Pierre Chevènement offre une occasion historique aux Républicains des deux rives de se rassembler derrière une candidature unique.

 

J’appelle aujourd’hui Jean-Pierre Chevènement à faire prévaloir l’intérêt de la France sur le jeu politicien.

 

Au moment où les Français sont broyés par la mondialisation inhumaine, je serai le seul à proposer un projet à la fois patriotique, républicain et social.

 

Pour retrouver une industrie forte, promouvoir nos services publics, reconstruire notre école et défendre notre modèle social, la France doit retrouver sa liberté politique.

 

C’est tout le sens de ma candidature pour une France libre et rassemblée.

 

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Dupont Aignan
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 18:23

 Je me suis porté candidat à la Présidence de la République le 5 novembre 2011, "pour faire bouger les lignes" et mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qu’elles doivent relever.

Dans la grave crise à travers laquelle une construction européenne mal pensée dès l’origine, peut conduire la France à une position définitivement subordonnée, j’ai voulu, à travers cette "candidature pédagogique", rendre nos concitoyens attentifs à quatre enjeux majeurs de la période qui s’ouvre :

1) Pour réindustrialiser le pays, condition de la survie du modèle républicain, il faut, chose non suffisante mais indispensable, une monnaie moins chère que l’euro actuel.

2) Il est nécessaire, en second lieu, d’organiser la croissance en Europe et non pas la récession à perte de vue, comme nous y conduirait le projet de traité européen dont les grandes lignes ont été entérinées hier, le 30 janvier 2012, à Bruxelles. Si le gouvernement de Mme Merkel, qui prétend dicter sa loi au suffrage universel, n’acceptait pas la révision du traité pour étendre les missions de la Banque Centrale européenne et organiser la relance en Europe, mieux vaudrait alors transformer l’euro de monnaie unique en monnaie commune.

3) La souveraineté budgétaire et fiscale de la France doit rester dans les mains du Parlement français. Sa préservation est la condition, à tous égards, de notre indépendance future, y compris diplomatique et militaire.

4) Il est temps de redresser l’Europe à partir de ses nations. Celles-ci sont le cœur vivant de la démocratie. Le but est d’édifier une "maison commune européenne", ou comme disait le général de Gaulle, une "Europe européenne", ouverte vers la Russie à l’Est et vers la Méditerranée et l’Afrique, au Sud. Cette construction se fera avec les peuples, c’est-à-dire par la force des choses, à géométrie variable, avec ceux qui le veulent.

Ayant pu exercer, autant que je le pouvais, le rôle pédagogique que je m’étais assigné, et n’ayant plus aujourd’hui les moyens de continuer ma campagne, je décide de retirer ma candidature à l’élection présidentielle. Je continuerai cependant, demain comme hier, à faire entendre ma voix pour servir la République.

Dans les temps difficiles qui sont devant nous, rien n’est plus important que de maintenir un recours républicain.

J’indiquerai bien sûr, le moment venu, le candidat à l’élection présidentielle auquel, les yeux ouverts, j’apporterai mon soutien

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Chevènement
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 14:19

En plaidant la main sur le cœur pour la création de jours fériés musulmans et juifs, Eva Joly ne défend pas la laïcité républicaine mais au contraire le communautarisme religieux, qui en est l’exact contraire.

 

L’Etat républicain se doit en effet d’observer la plus stricte neutralité à l’égard des cultes, qu’il n’a pas à favoriser individuellement ni collectivement. Il s'agit d'un pacte républicain qui a pour mission d'assurer la paix religieuse et que rien ne saurait remettre en cause.

 

En réalité, la coïncidence des calendriers républicain et catholique ne fait que traduire le poids d’un héritage culturel avec lequel la République française est bien obligée de composer, et dont elle n’a d'ailleurs ni à rougir, ni à s’enorgueillir.

 

En outre, les Français d’origine étrangère ne réclament dans leur immense majorité pas de dérogation à la loi républicaine, et ils comprennent parfaitement les coutumes et habitudes calendaires de notre pays commun, qui sont bien davantage de nature séculière que religieuse.

 

En instaurant des jours fériés au profit d’autres religions – et on ne voit pas pourquoi on se limiterait alors aux seuls cultes musulman et juif ! – on attiserait en réalité un communautarisme religieux et identitaire, contraire aux principes généreux invoqués par Madame Joly, et au final dangereux pour notre pacte républicain.

 

La candidature d'EELV devrait une fois pour toutes renoncer à ses provocations démagogiques qui heurtent le sens commun et font le jeu, in fine, des extrêmes en attisant les haines entre Français.

 

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Laïcité
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 18:20

    par François Morvan, cancérologue, vice-Président de DLR

 

 securite-sociale-denoncons-pauvres-L-1.jpg   Rien n’arrêtera ce gouvernement : pour rembourser la dette aux marchés financiers, pour continuer à financer le trou sans fond de la crise de l’Euro, pour compenser l’asphyxie de l’économie par le libre-échange intégral et déloyal , tout sera bon plutôt que de changer de politique.

 

La ligne est maintenant claire : les Français devront assumer individuellement une part croissante de leur frais de santé. Les mutuelles, en elles-mêmes déjà inégalitaires, ont été surtaxées au dépend des revenus les plus modestes. Ce sont maintenant les allocations familiales et les allocations logement qui ne sont plus indexées sur l’inflation... mais sur la croissance économique, elle-même étouffée par une politique qui va dans le mur !

 

Les indemnités journalières sont rognées, alors que les Français s’arrêtent de moins en moins et le plus souvent pour des maladies graves. Pour un nombre croissant de ménages, la survenue de la maladie est un drame économique. Quand aux arrêts-maladies de courte durée, ils sont d’abord et avant tout le produit de conditions de travail de plus en plus insupportables, du stress croissant, de la course folle à une compétitivité inatteignable face au dumping social des pays à bas coûts de production.

 

 

La protection sociale a servi d’amortisseur à la crise sociale. Elle a permis aux français de vivre un peu moins durement qu’ailleurs la folie d’une politique économique et monétaire qui va dans le mur. Mais faute de croissance, les caisses se vident et c’est à cette protection sociale qu’on s’attaque désormais, parce qu’un gouvernement aux abois voudrait s’en sortir sans toucher aux fondements de sa politique, toute entière tournée vers l’intérêt des banques, des fonds financiers et des grands groupes délocalisateurs.

 

Au lieu de refinancer la protection sociale par une CSG généralisée progressive aussi bien sur les revenus du travail que sur ceux du capital, et par une taxe sur la valeur ajoutée qui pénaliseraient les importations à bas coûts tout en allégeant les charges sociales pour les entreprises, on donne un tour de vis supplémentaire qui ne fera qu’étouffer un peu plus notre pays et notre peuple.

 

Le candidat socialiste, on le voit bien, n’a rien d’autre à proposer parce qu’il n’entend pas changer le fond de cette politique suicidaire. Seule une nouvelle politique économique et monétaire peut permettre à la France d’échapper à la régression, au désespoir, aux explosions sociales de plus en plus violentes.

 

C’est le vrai enjeu de 2012.      

 

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Politique
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 15:56

Texte paru dans le Monde

 

Si je sais gré à François Hollande d'avoir tenu bon sur la poursuite de la construction du réacteur EPR de Flamanville qui conditionne les exportations françaises vers la Grande-Bretagne, la Chine, l'Inde, etc., comment ne pas s'alarmer de la volonté des Verts de condamner l'usine de retraitement de la Hague, la fabrication du combustible mox nécessaire à nos réacteurs et de fermer le laboratoire de stockage des déchets retraités de Bure, etc. La logique des Verts est claire : c'est la "sortie du nucléaire". C'est le triomphe du dogmatisme. Mais quelle cohérence y a-t-il à vouloir, en pleine crise, fermer vingt-quatre réacteurs qui marchent, bref à se priver du tiers de notre potentiel de production électrique ?

 

Cette mesure coûterait au moins 250 milliards d'euros qu'il faudra bien trouver dans le budget de l'Etat, des entreprises et chez les contribuables. Outre le démantèlement de réacteurs qui marchent, il faudrait construire un nombre équivalent de nouvelles centrales thermiques, subventionner des énergies renouvelables, moderniser notre réseau électrique afin de répondre aux contraintes d'une production plus complexe et plus intermittente, sans parler du coût social de telles mesures.

 

Casser une infrastructure très rentable (le nucléaire) et la remplacer par une autre, plus polluante et moins rentable (gaz, charbon, énergies renouvelables) entraînera une augmentation du prix de l'électricité de 40 % à 50 %. Les chiffres sont têtus et connus. Le coût du MW/h du parc nucléaire français est de 42 euros (chiffre inscrit dans la loi sur la nouvelle organisation du marché de l'électricité en France de 2011). Le gaz revient entre 60 et 70 euros/MWh (le prix du gaz va progresser dans l'avenir). Le coût de l'éolien terrestre s'élève à 90 euros/MWh, l'éolien marin est à 150 euros/MWh et le solaire photovoltaïque à 250 euros/MWh. Seul le charbon est aussi compétitif que le nucléaire mais il est beaucoup plus polluant
.

 

Notre déficit extérieur s'aggraverait de trois façons : la réduction de nos services nucléaires exportés (6 milliards d'euros par an en moyenne), l'importation ensuite de 4 milliards d'euros de gaz supplémentaire chaque année, et enfin, la disparition progressive de nos exportations d'électricité (2,3 milliards d'euros par an) au fur et à mesure de la fermeture des réacteurs français. Enfin, les entreprises françaises, qui bénéficient d'une électricité 40 % moins chère que dans le reste de l'UE, perdraient cet avantage comparatif, ce qui aggraverait leur problème de compétitivité. L'image d'un monde éclairé par la seule grâce du soleil et du vent que nous présentent les partis écologistes est un leurre. L'éolien et le solaire sont non seulement chers, mais ils produisent trop peu. Une éolienne terrestre ne produit que 20 à 25 % du temps, une éolienne maritime 30 à 35 % et le solaire photovoltaïque en France 10 à 15 %. Les éoliennes en France ayant en moyenne une puissance nominale de 2 MW, il faudrait en construire 2 500 à 3 000 pour obtenir une puissance produite équivalente à celle d'un seul EPR de 1 650 MW qui, lui, fonctionnera 90 % du temps. Belle perspective !

 

Nous assistons au triomphe de "l'idéologie de la peur" formalisée en Allemagne au lendemain de la seconde guerre mondiale par le philosophe Hans Jonas ("l'heuristique de la peur") et plus récemment par le sociologue Ulrich Beck ("la société du risque"). Cette idéologie a déjà contaminé notre Constitution avec un "principe de précaution" qui n'a rien de scientifique. Or, le risque zéro n'existe nulle part. L'Allemagne va construire dix centrales thermiques au charbon pour remplacer les réacteurs nucléaires qu'elle ferme. Or, l'industrie charbonnière fait 2 500 à 3 000 morts par an (contre deux à Fukushima).

 

Cet accident nucléaire très grave n'a pas été "l'apocalypse" annoncée par certains dans la panique des premiers jours. Le déplacement de 80 000 personnes et la contamination disséminée dans un rayon de 20 à 30 kilomètres autour de la centrale sont des événements dramatiques. Mais les effets de cette catastrophe sont réversibles. Dix ou vingt ans seront nécessaires pour dépolluer les zones contaminées et y rétablir une situation normale. L'effort sera long et lourd, mais le peuple japonais, admirable de volonté, y parviendra.

En obéissant à la dictature de l'émotion, en se laissant imposer un choix idéologique et contraire aux intérêts du pays, en se mettant enfin à la merci des chantages des Verts auxquels un groupe parlementaire de quinze à trente-cinq députés vient d'être concédé, le Parti socialiste s'éloigne de ses racines républicaines et des valeurs des Lumières héritées du rationalisme cartésien (croyance en la Raison, liberté de la recherche, volonté de progrès, etc.).


   

Ce serait un tournant culturel grave pour la France et pour l'Europe, car le triomphe de "l'idéologie de la peur" sur notre continent contrastant avec la confiance en eux des pays émergents tournés vers la science et la technologie, ne manquerait pas d'accélérer notre déclin. Ce destin n'a rien d'irréversible : les "forces de progrès" sont encore puissantes dans la gauche et dans le pays.

Par Alliance des Republicains - Publié dans : Chevènement
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