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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 19:02

Nous publions une analyse fort intéressante de Bertrand Dutheil de la Rochère, président de "Patrie et Citoyenneté"

 

 

 

Mais où sont donc passé les républicains de gauche ?

Voilà deux ans que quelques républicains de gauche ont fait le choix d’apporter leur modeste soutien à Marine Le Pen en vue de l’élection présidentielle de 2012. Souvent, ils venaient de la galaxie chevènementiste. Certains appartenaient encore au MRC (Mouvement républicain et citoyen). En annonçant publiquement leur choix, ils en ont été immédiatement exclus au mépris des statuts. A l’heure des négociations avec le Parti socialiste pour obtenir quelques miettes, il n’était pas question d’ouvrir un débat politique interne sur le fond. Le conformisme bêlant dans le sillage de la bienpensance ne pouvait être que la seule réponse, avec le bannissement de ceux qui tiraient les conséquences de la fusion entre droite archaïque et gauche obsolète dans le mondialisme et l’européisme.

Il y a deux ans précisément, son candidat naturel ayant sombré dans un hôtel new-yorkais, la gauche établie s’interrogeait gravement pour départager, lors de primaires ouvertes, les deux « bébés Delors », selon la formule de Jean-Pierre Chevènement, la fille par le sang ou le fils par l’esprit. Il y avait aussi quelques comparses, qui ne voyaient dans cette procédure qu’une étape utile pour leur avenir carriériste. Depuis, entrés au gouvernement, ces auxiliaires se disputent le ministère du verbe creux et impuissant pour se hisser au premier rang. En communication, l’important n’est pas d’agir, mais d’être vu.


Au terme de ces primaires, le « peuple de gauche » a donc choisi François Hollande. Celui-ci a ensuite bénéficié du fort rejet du président sortant. Puis, les Français lui donnèrent une confortable majorité à l’Assemblée nationale. Toutefois, Martine Aubry avait profité de sa fonction de première secrétaire du Parti socialiste pour signer un accord avec les Verts, qui leur donne une capacité de nuisance bien au-delà de leur audience dans l’électorat.


Cette majorité de gauche comprend aussi trois députés membres du MRC, le sortant réélu et deux nouveaux. Avec son président d’honneur, Jean-Pierre Chevènement, toujours sénateur, ce courant républicain de gauche est donc représenté par quatre parlementaires. Mais, en dehors des intéressés, de leurs amis et des spécialistes de la vie politique, qui le sait ?


Pourtant, ils disposent d’une véritable autonomie. Apparentés au groupe socialiste, les trois députés MRC ont la liberté de vote, et ils s’en servent. Certes, ils ont adopté le budget, mais le contraire les aurait exclus de la majorité. Et puis, aujourd’hui, le vote du budget a-t-il encore vraiment de l’importance ? Le Parlement a été dépouillé de ce fondement historique du parlementarisme au profit d’une instance non élue : la Commission de Bruxelles.


En revanche, sur les trois dossiers les plus emblématiques des dix-huit premiers mois de la présidence de François Hollande, ils se sont exprimés selon leurs convictions. Ils se sont prononcés contre le projet de loi qui autorise la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) au sein de l’Union économique et monétaire. Sur le mariage pour tous, deux se sont abstenus, seul le troisième a émis un vote positif. Enfin, sur une éventuelle intervention militaire en Syrie, ils ont publiquement regretté que le Parlement ne puisse donner son avis, et le leur aurait été négatif. Au Sénat, Jean-Pierre Chevènement a confirmé ces orientations. Mais qui s’en est aperçu ?


Certes, le TSCG, qui avait été préparé par Nicolas Sarkozy, a été voté massivement par l’UMP. N’ayant pas compté, les trois voix du MRC ont disparu. Certes, l’abstention sur le mariage pour tous n’est pas une position compréhensible. Certes, n’ayant pas de groupe à l’Assemblée, le MRC n’y a pas disposé de temps de parole pour s’exprimer sur le dossier syrien. Mais, au Sénat, Jean-Pierre Chevènement a dénoncé en termes clairs l’aventurisme et le bellicisme du Président de la République. Sont-ce donc les circonstances qui ont rendu le MRC invisible ou l’écartèlement entre ses positions républicaines et son appartenance à cette majorité écolo-socialiste ?


Pour apparaître, il ne suffit pas de rappeler à l’ordre, en vain d’ailleurs, Cécile Duflot qui, paraphrasant le célèbre aphorisme de Jean-Pierre Chevènement en le détournant, a déclaré : « Une ministre, ça agit, ça ouvre sa gueule et ça ne démissionne pas ». Mais ce gouvernement n’est qu’une foire aux vanités et aux ambitions personnelles.


Pour apparaître, il faut éviter des signes politiques qui brouillent l’image et le message. En août 2013, à La Rochelle, à l’université d’été du Parti socialiste, Marie-Françoise Bechtel, député de l’Aisne et première vice-présidente du MRC, a déclaré : « Nous considérons que l’axe du redressement économique de la France est le bon ». En septembre 2013, pour son université d’été, le MRC a eu comme invité principal Manuel Valls, ministre qui, au-delà de ses vaines rodomontades sur la sécurité, s’est toujours prononcé pour l’ultralibéralisme et pour l’européisme.


A l’inverse, la Fondation Res publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, a publié, début septembre, une très intéressante et très pertinente étude de Jacques Sapir et de Philippe Murer intitulée : Les scenarii de dissolution de l’euro. Elle détaille l’impact sur l’économie de la France, et celle des principaux pays de la zone Euro, de différents scénarii de dissolution de la monnaie unique, procédant de différentes hypothèses de coopération monétaires et de différentes options de politique économique pour la France.


Un tel positionnement erratique est évidemment incompréhensible. Alors, les postures parlementaires du MRC sont prises pour des manifestations sporadiques de mauvaise humeur, sans conséquence.


Néanmoins, ces marques, quasi clandestines, d’indépendance déplaisent au sommet de l’État. Ainsi, Le Monde du dimanche 8 septembre 2013 a publié la liste des bénéficiaires de réserves parlementaires transitant par le ministère des Affaires étrangères. Dans cette liste, figurent les fondations présidées par Valéry Giscard d’Estaing, Robert Hue et Jean-Pierre Chevènement. Ce dernier a immédiatement démenti, en faisant remarquer que les trois ont « en commun une attitude de grande prudence quant aux frappes militaires envers la Syrie. » Et il termine son communiqué par cette phrase : « Il me parait peu croyable que le Ministère des Affaires étrangères ait pu communiquer de son propre chef un quelconque fichier au Monde. »


Il s’agit donc d’une liberté surveillée. Dans ces conditions, se pose la question : à quoi sert le MRC ? Au mieux, à rien ; au pire, il n’est que l’alibi souverainiste d’une gauche mondialiste ! Et, au-delà, surgit l’interrogation encore plus fondamentale : peut-on réformer le système de l’intérieur ?


Depuis un demi-siècle, Jean-Pierre Chevènement s’y emploie, d’abord au sein du Parti socialiste avec le CERES puis Socialisme et République, ensuite à côté des autres formations de gauche, avec le MDC puis le MRC. Sa stratégie d’influence pour « peser » est un échec répété. Aujourd’hui, l’ancien président du très européiste club Témoin est président de la République. Il n’a pas abandonné ses rêveries idéologiques d’il y a trente ans et plus.

Au sein de la droite établie, il y eut aussi des tentatives de réformer le système de l’intérieur. Philippe Seguin en eut le projet. Il s’y essaya. Puis, devant l’impossibilité de la tâche, il abandonna et se réfugia dans la présidence de la cour des Comptes. Charles Pasqua ou Philippe de Villiers ont créé ensemble ou séparément de petites formations politiques qui restaient dans le système. Ils ont été rapidement marginalisés.

Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. On ne peut pas être à la fois dedans et dehors. Le système est certes vermoulu dans son principe, mais il est encore suffisamment puissant pour absorber individuellement les forces de contestation. Il a encore des hochets à distribuer. Ainsi, si le MRC, dont l’immense majorité des Français ignore l’existence, a trois députés et un sénateur, le Rassemblement Bleu Marine, dont la candidate a obtenu un peu moins du cinquième des suffrages, n’a que deux députés et aucun sénateur. C’est le prix à payer, aujourd’hui, pour être hors du système. C’est le prix à payer, temporairement, pour pouvoir contester le système. C’est le prix à payer pour changer le système le moment venu.


Changer le système ! Changer de système ! Mais l’ère historique des révolutions est terminée ! Les illusions perdues gisent sous les décombres du mur de Berlin. Alors, foin de révolution ! Et vive la restauration ! Aujourd’hui, la rupture est dans la restauration républicaine. Une restauration n’est pas un retour à l’identique. D’ailleurs, à l’identique de quoi ? Le choix d’une période de référence serait toujours arbitraire. La restauration républicaine, c’est la mise en œuvre, dans les conditions du monde actuel, des fondements de la nation française et des principes de la République, cette République dont le socle repose sur la citoyenneté.


Un citoyen doit pouvoir subvenir à ses propres besoins et à ceux des siens par son travail. C’est-à-dire qu’il doit avoir un emploi correspondant à ses talents et à l’utilité commune, donc un emploi digne et durable, digne pour sa personne et durable pour la société. Les emplois subventionnés, qui ont pour objectif de faire baisser artificiellement les chiffres du chômage, sont des escroqueries politiques qui ont un coût économique exorbitant. La République a besoin d’emplois productifs dans les conditions de l’économie du XXIe siècle par l’intrication de l’innovation et de la réindustrialisation. Alors, pourront être développés, dans des conditions correctes, des emplois utiles dans les services.


La République suppose une séparation entre espace public et sphères privées. Le souverain par la loi délimite la première en tant que de besoin, y assurant l’égalité entre les citoyens. Son étendue varie selon le temps et le pays. Tout le reste appartient aux secondes pour permettre la liberté des personnes. Aujourd’hui, en France, la religion, les origines ethniques ou les orientations sexuelles ont été transférées de l’espace public vers la sphère privée de chacun. N’existe ainsi qu’une seule communauté : la communauté nationale, dans laquelle doivent être assimilés tous les Français dans une même République, régie par la loi. Ensuite, chacun dans son particulier cultive comme il l’entend ses centres d’intérêt, en respectant la liberté d’autrui.

 

La formation du citoyen dans sa double composante implique une Ecole qui transmet aux élèves les connaissances nécessaires, une Ecole qui place  en son centre cette transmission. Plus qu’un service public, l’Ecole est un service organique de la République. Elle institue le citoyen. Elle lui donne les moyens de gagner sa vie et d’appréhender le monde. Elle n’est pas un lieu de vie où l’enfant, placé au centre, construit par lui-même son savoir. Il faut donc redresser l’Ecole de la République.

Parmi les candidats à la dernière élection présidentielle, seule Marine Le Pen a repris et reprend toujours ces trois points fondamentaux. Ils constituent la base de tout programme républicain dans la France actuelle. Elle propose de donner à la République les moyens de son ambition en rétablissant la souveraineté de la nation française, en la délivrant des différentes bureaucraties et judicatures européistes, en lui redonnant la maîtrise  de ses prérogatives régaliennes, à commencer par la monnaie.

Il a donc fallu choisir entre la gauche établie contre la France ou la France contre la gauche établie. Les républicains de gauche qui ont choisi le deuxième terme de l’alternative, avec Marine Le Pen, se retrouvent, au sein du Rassemblement Bleu Marine, dans Patrie et Citoyenneté. Deux ans après s’être déclarés, déplorant le bilan désastreux de François Hollande en moins d’un an et demi de mandat, ils invitent à les rejoindre tous ceux qui voulaient encore donner une dernière chance aux socialistes et à leurs différents supplétifs. Qu’ils ne tardent pas, car la situation de la France, notre patrie et notre avenir, devient dramatique !

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